Paru dans les Nouvelles de Tahiti du 29 novembre et dans la Dépêche du 3 décembre 2003
Depuis le mois de mai dernier s’est spontanément constitué un comité d’opposition au tracé actuel de la voie rapide de l’Ouest « Te Ara Nui ». Il a maintes fois émis le vœu que cette route ne détruise pas 500 maisons et n’exproprie pas près de 2500 personnes sur les communes de Punaauia et de Paea. Les intéressés comme de nombreux autres administrés l’ont clairement affirmé à l’occasion de diverses réunions et manifestations. Une première pétition remise aux autorités lors de « l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique » avait recueilli 5374 signatures d’opposition. Depuis, un nombre sans cesse grandissant de citoyens nous ont affirmé leur soutien.
Dans un esprit constructif et étranger à toute polémique politicienne, le comité a sollicité les autorités compétentes du Territoire afin d’attirer leur attention sur cette question et de rechercher les solutions les mieux adaptées au développement nécessaire comme au respect indispensable d’une part aussi importante des populations locales.
A plusieurs reprises, nous avons exposé nos préoccupations au Ministre des Affaires foncières, du domaine, de la valorisation et de la redistribution des terres qui s’était engagé à faire étudier les modifications du tracé susceptibles d’épargner le plus possible les habitations.
Des levés topographiques sont toujours en cours, mais après six mois d’échanges et de revendications aucune décision n’est intervenue… Entre temps, la Direction des Affaires Foncières - sans que « l’enquête parcellaire » ne soit officiellement ouverte - procède à des évaluations de terres et d’habitations et encourage les personnes concernées à signer des « accords amiables ». Heureusement, bien peu de propriétaires ont jusqu’ici répondu positivement à ces propositions alors que le nouveau tracé n’est pas connu et que la « déclaration d’utilité publique » n’a pas été décidée.
Il n’est pas concevable que le tracé actuel de cette autoroute trouve sa justification et qu’elle se réalise dans de telles conditions. C’est pourquoi notre comité a décidé de se doter d’une association « loi 1901 ».
L’association « AITARANUI » a pour but de défendre les intérêts des populations concernées par le tracé de construction de la voie rapide de l’Ouest « Te Ara Nui » à Tahiti,
- en protégeant la propriété, le cadre de vie et la santé des populations concernées,
- en veillant à la bonne application des textes législatifs et réglementaires,
- en luttant contre l'ensemble des nuisances de tous ordres pouvant résulter de cette construction,
- en menant des actions d'information et de sensibilisation,
- en fournissant des aides et des conseils relatifs aux points précédents.
Notre pays doit se donner les moyens nécessaires à un développement durable et humain, respectueux du patrimoine et des valeurs de ses habitants.
Nous invitons à rejoindre l’association toutes les personnes menacées par « Te Ara Nui » de Punaauia à Taravao et plus largement ceux qui partagent nos convictions et notre détermination.
Corinne Ollier,
cofondatrice du comité d’opposition
et présidente de l’association « AITARANUI »

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