
Introduction à la réflexion et aux propositions alternatives (1/3)
Depuis les déclarations du Ministre James Salmon mi-juillet qui évoquait le projet « Route des collines » sur la côte Ouest, c’est un silence assourdissant sur la question. Penserait-on en haut-lieu que ce type d’aménagement demande de la discrétion pour se concrétiser ? Pourtant, les autorisations de programme votées au budget général de la Polynésie française pour l’exercice 2005 ont à la fois retiré 26 195 500 000 XPF prévus pour la voie rapide « Te Ara Nui » et ajouté la « Route des collines » sur Punaauia pour 13 500 000 000 XPF…
Nous l’avons dit et répété. Pour l’instant du moins, rien de concret distingue cette route de la triste et fameuse « Te Ara Nui » du gouvernement Flosse. Ne dire quasiment rien sur son futur tracé et rester flou quant à sa continuation future vers Taravao, voilà qui n’inspire pas grande confiance aux 500 familles de Punaauia et Paea qui étaient directement menacées d’expropriation, ainsi qu’aux riverains potentiellement concernés jusqu’à la presqu’île.
Le nouveau pôle économique de Taravao étant promis à un développement rapide (ce que nous souhaitons aussi, évidemment), certains affirment que sa liaison par la route avec Papeete est indispensable. Bien sûr ! Mais il est tout aussi évident que cette liaison existe déjà sur la route de ceinture. Celle-ci étant saturée, disent-ils, il faudrait donc en créer une autre beaucoup plus large et la plus directe possible. Ainsi, les personnes et les marchandises pourraient arriver « à bon port » en des temps très améliorés.
Bref, il ne s’agirait que d’une question de plomberie. Doublons la « conduite » par un tuyau plus gros et le débit sera convenable de part et d’autre. Cependant, tout plombier qui se respecte (et respecte ses clients) sait bien que la taille des tuyaux ne résout pas la question des robinets bouchés. Il sait aussi que la pression qui augmente nécessite des vannes plus solides et un entretien régulier. Il se posera aussi la question de savoir si d’autres points d’eau utiles n’allègeraient pas le dispositif. Sans avoir étudié la mécanique des fluides à l’université, le simple bon sens lui dit qu’il convient de prendre en compte l’ensemble de l’installation pour effectuer une réparation « durable ».
Cette analogie n’est pourtant pas pertinente puisque le flux des véhicules et de ce qu’ils transportent ne peuvent être assimilés à de l’eau. Les spécialistes en aménagement du territoire, en ce qui concerne le déplacement des personnes et des biens, sont plus proches des angiologues que des plombiers. Notre sang circule dans le seul but de nourrir notre corps tout entier. Ce qui est transporté est tout aussi important que ce qui le transporte. Le plus court chemin n’est donc pas forcément la ligne droite et une artère ne traverse jamais un os.
Mais alors, disent-ils (ceux qui n’imaginent qu’une autoroute entre Papeete et Taravao), comment faire ? Comment désengorger la circulation sur la côte Ouest et assurer dans un avenir proche une bonne desserte entre les deux pôles économiques de l’île ? Certains - et le Ministre actuel lui-même - avaient pensé au monorail et au tramway, d’autres à la voie maritime, d’autres encore à la route traversière qui désenclaverait l’intérieur. Autant de propositions qui se heurteraient à l’impossibilité technique et/ou financière. Mais personne encore n’avait tenté d’envisager plus concrètement la question en considérant les différents aspects du problème.
Faisant suite au Comité d’opposition à « Te Ara Nui », notre association s’était d’abord consacré à l’information et à la préparation de la défense des habitants en refusant une autoroute en pied de montagne. La campagne électorale et le « Taui » avaient clairement perçu l’enjeu jusqu’à l’abandon officiel du projet « Te Ara Nui ». Depuis, la réflexion fait son chemin. Il s’agit de poursuivre le développement de notre pays, avec ambition et détermination, mais aussi avec responsabilité et prudence de façon à garantir l’avenir de nos enfants. Le concept de « développement durable » n’appartient plus aujourd’hui à telle ou telle tendance politique. Il s’impose partout où la démocratie n’est pas un vain mot, où la croissance tient compte de l’environnement, de la qualité de la vie et des perspectives d’avenir.
C’est pourquoi, en ce qui concerne le transport, il est essentiel d’étudier la question dans son ensemble. N’imaginer qu’un remède miracle – l’autoroute - en ignorant les vrais symptômes serait catastrophique aux plans financier et humain. Il convient à notre sens d’analyser au moins trois grands axes et d’élaborer des réponses adaptées et hiérarchisées :
- Le réseau routier
- Le transport des personnes
- Le transport des marchandises
Nous nous proposons très prochainement de faire connaître nos réflexions et propositions dans ces domaines, sur notre site Internet (www.aitaranui.org) et dans la presse locale. Nous souhaitons vivement que d’autres s’y intéressent, contradictoirement ou non…
Association « AITARANUI »
B.P. 380 252 Tamanu
98718 PUNAAUIA -TAHITI
Numéro TAHITI : 684548
Site Internet : www.aitaranui.org
Courriel : aitaranui@yahoo.fr

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