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AITARANUI, association polynésienne

Les voies du développement durable     

Une résurrection (presque) immédiate!

Extraits du procès verbal de la séance de l'assemblée du 30 août 2004

Le président: Plus d’interventions ?...
Monsieur Bouissou, vous avez la parole.

M. Jean-Christophe Bouissou : Merci, Monsieur le président.
Ma question ira au ministre de l’Aménagement. J’ai eu le plaisir de participer au premier comité d’aménagement en tant que membre de ce comité et à l’occasion de ce comité d’aménagement a été évoqué le retrait de la route expresse « Te Ara Nui » vers Taravao, puisque ce comité d’aménagement englobait dans son ordre du jour l’étude du PGA de Paea. J’ai noté les interventions des techniciens de l’équipement sur les conséquences du retrait de cette route. Vous avez pris cette décision.
D’ailleurs, on s’étonne entre le gel évoqué par le ministre de l’Énergie et de l’Équipement, présent avec nous ce soir, et, donc, sa déclaration lors d’une précédente séance de notre assemblée et la décision de retrait du ministre de l’Aménagement sur cette question de route. Mais, ma question ira sur les conséquences du retrait de cette route. Est-ce que, conformément, donc, aux interrogations des techniciens de l’équipement, est-ce que vous avez réfléchi sur la nécessité de revoir le gabarit de la route de ceinture, depuis la Punaru'u jusqu’à Taravao ?
Puisque, comme vous le savez, si cette route n’est plus réalisée et sachant que, durant les 5 dernières années, nous avons eu un doublement du nombre de véhicules — puisque nous sommes passés, je crois, d’un peu plus de 40 000 à 80 000 véhicules dans le parc existant — et, puisqu’on parle de sécurité routière, quelles sont les solutions que vous préconisez ? Parce que c’est bien de retirer un projet, mais en contrepartie, qu’est-ce que vous proposez pour éviter :
1. les files que l’on voit évidemment sur ces routes encore aujourd’hui ?
2. pour éviter évidemment les accidents, parce que plus ces routes sont fréquentées… ?
Regardez à Puna'auia ! Depuis qu’il y a eu la réalisation de la route des plaines, il y a beaucoup moins d’accidents sur la route de ceinture, beaucoup moins utilisée, évidemment, par les automobilistes.

Le président : Merci. D’autres interventions ?... Plus d’interventions ?... La parole est au gouvernement. Monsieur le ministre Salmon, vous avez la parole.

M. James Salmon : Māuruuru. (...) Quant au projet de Te Ara Nui, je pense qu’il y a peut-être incompréhension de votre part. Lorsque la majorité actuelle a dit « non » au Te Ara Nui, c’est au Te Ara Nui dans le contexte que vous, vous avez mis en place, que vous, vous avez imaginé, à savoir, donc, un tracé qui faisait sauter des centaines de maisons sur son parcours — 500, me rappelle-t-on. Et là-dessus, évidemment, on peut comprendre la réaction de la population. Lorsque moi, j’ai dit à l’occasion d’une précédente séance de l’assemblée territoriale que nous pensons, moi, geler ce projet, l’idée plutôt, c’est parce que, en réalité, il n’y a pas de projet Te Ara Nui, il n’y a pas de tracé de route de Te Ara Nui, il y a simplement une borne de terrains à l’intérieur de laquelle devait se situer le tracé. N’est-ce pas ?
Et, notre préoccupation à nous va dans les deux sens, aussi bien dans le sens technique où nous sommes aussi conscients que vous de la nécessité de chercher une solution pour assurer le trafic de transit. Pour nous, Te Ara Nui ou plutôt « Punapa », si nous voulions apporter des modifications, Punapa, ça veut dire de « Punaauia à Paea ». Ce n’est pas autre chose qu’une rocade qui devait permettre au trafic de transit de contourner les zones d’habitation et donc d’éviter d’emprunter la route territoriale qui est déjà si exiguë dans son contexte actuel.
Et, c’est dans ce sens-là que j’ai demandé, donc, à l’établissement des grands travaux de réexaminer la situation. Évidemment, cela nous amènera à envisager un tracé calé plus en amont, côté talus, côté montagne et, donc, à éviter un plus grand nombre de maisons. Je pense que, dans cette optique-là, nous serons amenés à vous faire des propositions ainsi qu’évidemment aux autorités locales qui sont concernées. Mais, dans la mesure où il y a beaucoup moins de maisons touchées par ce nouveau tracé, j’estime, peut-être à tort, peut-être à raison, que ce projet a de grandes chances d’aboutir.
Cependant, le projet de Te Ara Nui ou Punapa, selon le cas — mais ce sera plutôt Punapa — ne résout pas la question du trafic puisqu’il ne fait qu’éviter les deux grosses communes habitées de Punaauia et Paea pour rejoindre la route territoriale au P.K. 25. Ce qui veut dire que la route territoriale sera, tôt ou tard, requalifiée, requalifiée dans deux sens :
- à partir du PK 25 jusqu’à Taravao pour essayer d’absorber le supplément de trafic dit de transit ;
- et, dans le second cas, requalifiée, car nous avons l’idée nous, la nouvelle majorité, de mettre en place un système de transports collectifs enfin digne de ce nom, ce que malheureusement, vous n’avez pas réussi à faire en 20 ans.
'Ia ora na. Māuruuru.

Le Président: D’autres interventions ?... Monsieur Bouissou, vous avez la parole.

M. Jean-Christophe Bouissou : Merci, Monsieur le président. Juste quelques petites précisions à apporter. Nous avons remarqué, dans la conférence de presse qui avait été donnée par le ministre de l’Aménagement, que sur les quelques dizaines de familles qui ont négocié la vente de leur terrain, voire de leur terrain nu ou de leur terrain avec le logement, que ces familles ne souhaitaient pas revenir en arrière. Je présume, également, que sur les terrains qui ont été achetés par le territoire figurent, également, des terrains qui seraient manifestement intéressants dans le cadre du projet… Punapa, si j’ai bien compris.
Bien. Alors, ma question est celle-ci : pourquoi cette précipitation ? Pourquoi le ministre de l’Aménagement fait une conférence de presse pour dire : « Nous allons rendre les terrains ! », et le ministre des Transports et de l’Équipement, de son côté nous dit : « Nous sommes en train d’étudier un autre tracé de route » ?...

M. Jean-Marius Raapoto l’interrompt : Monsieur Bouissou, vous êtes hors sujet. On a changé de chapitre !

M. Jean-Christophe Bouissou : Donc, alors, répondez à la question !

M. Jean-Marius Raapoto : Vous êtes hors sujet !

M. Jean-Christophe Bouissou : C’est quoi, c’est la polyphonie du gouvernement, c’est ça ? C’est comme ça qu’on doit le comprendre ? C’est le « himene tārava » du gouvernement ?...

Source: Assemblée de la Polynésie française

... Et pourtant, le 13 juin 2004, le candidat Temaru disait:
le discours programme du candidat O. Temaru à la présidence (extraits)

"La dépêche" nous publie fidèlement

Dans "La Dépêche" du 22 mars 2006


Relisons-nous, c'était en mai 2004: Une voie trop rapide

Ben oui !

Dans "Les Nouvelles" du 20 mars 2006


Précision: "L'élargissement de la route de ceinture" ne nous a jamais inquiétés, puisqu'il n'en a jamais été question bien sûr. C'est bien cette "Punapa" que nous contestons, nouvelle "Te Ara Nui" déguisée...

Parole d'expert: le management de la mobilité


Avons-nous une voiture dans la tête ?

La mise à disposition permanente d’un véhicule motorisé conduit hélas bien souvent à son utilisation abusive : trajets courts urbains en dépit de réseaux de transports collectifs, cyclable et piéton ; trajets longs interurbains malgré une offre ferroviaire économe en énergie, trajet individuel alors qu’on pourrait le réaliser à plusieurs - c’est le covoiturage - ou partager le véhicule dans le temps - c’est le concept de véhicule en temps partagé ou « car sharing ».

Changer ses habitudes de déplacements nécessite un effort personnel et beaucoup de pédagogie pour sensibiliser à la nécessité d’un management de sa mobilité quotidienne.

L’information sur les diverses possibilités de choix modal autre que le véhicule motorisé individuel, ainsi que leur encouragement, passe par le conseil en mobilité : sur le lieu d’activités - pour l’employé, l’élève, le visiteur, le patient, etc. - avec la démarche de plan de déplacements appelée « PDE », ou bien directement auprès des habitants, qui peuvent bénéficier des services d’un centre de mobilité ou d’une action de promotion ou de marketing personnalisé.

Le management de la mobilité est à la croisée des chemins entre les politiques urbaines des déplacements, d’urbanisme, d’habitat et d’environnement. Il entre en synergie avec d’autres actions, par exemple la sécurité des déplacements, le management environnemental ou les rythmes urbains.



Par Maxime Jean

Source : Centre d'Etude sur les Réseaux de Transport et l'Urbanisme (CERTU)

Ici, l'essentiel est dit.
A Tahiti, nous faisons l'inverse depuis des décennies...
Au lieu de solliciter tel ou tel petit cabinet d'études pour imaginer le tracé d'une autoroute en zone urbanisée, nos responsables feraient mieux de prendre avis et conseils auprès du CERTU (ministère métropolitain de l'urbanisme).

L'ATP relaie nos alertes

Société : 18/03/2006 à 11:08

Voie rapide de côte Ouest de Tahiti: l'association Aitaranui mobilisée contre "le fantôme des collines"

(Tahitipresse) - L'association qui avait été en pointe contre le projet de voie rapide de la côte Ouest de Tahiti réaffirme dans un communiqué sa mobilisation contre cette solution qui avait été mise en oeuvre par l'ancien gouvernement Tahoeraa pour fluidifier la circulation entre Papeete et la presqu'île de Tahiti. Craignant que le gouvernement actuel (UPLD) ne réactive ce projet, elle rappelle le rôle déterminant qu'avaient joué les opposants à "Te Ara Nui" dans la défaite électorale de l'ancienne majorité.

"Des centaines de voix de la côte Ouest avaient manqué à l'ancienne majorité en 2004 et avaient donné leur confiance au "Taui" qui promettait clairement (profession de foi de l'UPLD) l'annulation du projet "Te Ara Nui" (destruction de 500 maisons sur 10,5 km et expropriation de quelque 2500 personnes), écrit l'association Aitaranui (jeu de mots qui signifie "non à Te Ara Nui"). Aujourd'hui, les responsables de l'association craignent que le nouveau gouvernement ne tienne pas sa promesse sur ce point. Pour argumenter, ils citent quelques déclarations des personnalités désormais en charge de ce problème:

- Celle du ministre de l'Equipement, James Salmon, qui évoquait le 13 juillet 2005 la jonction Papeete/Taravao par une "route des collines" qui "pourrait entraîner des expropriations d'habitations".



- Celle du président Temaru, le 15 septembre, lors de la session budgétaire: "…en remplacement du projet Te Ara Nui, les études de la route de désenclavement à la cote 350 vont être reprises pour ouvrir des voies de pénétration dans les vallées."

- Celle du directeur de l'établissement des grands travaux (EGT): "Il existe toujours des recherches alternatives de tracés qui permettraient d'épargner au maximum les habitations. (..) La construction de la route est inévitable".

"Le fantôme des collines"

Aitaranui voit aujourd'hui un "fantôme des collines" dans ces prises de positions successives: "Nous savons ce que cela veut dire, conclut l'association qui voit venir un "reniement de cette promesse du Taui". D'autant qu'elle constate n'avoir pas été invitée à une réunion de concertation organisée la semaine dernière par l'établissement des grands travaux: "l'EGT (et donc le ministère de l'équipement dont il dépend) n'a convié à cette réunion de concertation que des acteurs de la vie économique du Territoire. Comme si seules les préoccupations de cet ordre doivent être prises en compte sans que la société civile soit associée à la réflexion". Rappelant qu'elle est "résolument apolitique mais farouchement citoyenne", et réaffirmant son attachement à la "démocratie participative, celle qui permet aux citoyens de s'exprimer sereinement et d'être véritablement associés aux projets et aux décisions qui les concernent directement", Aitaranui conclut en avertissant qu'elle "s'opposera à toute menace sur notre patrimoine et fera éventuellement appel à toutes les protections de la loi". Enfin elle invite les personnes intéressées à prendre connaissance des dernières informations concernant le développement de la presqu'île sur son site: www.aitaranui.org.

Source : Agence Tahitienne de Presse