Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

AITARANUI, association polynésienne

Les voies du développement durable     

"Te Ara Nui" ou "Le fantôme des collines"



Des centaines de voix de la côte Ouest avaient manqué à l’ancienne majorité en 2004 et avaient donné leur confiance au « Taui » qui promettait clairement (profession de foi de l’UPLD) l’annulation du projet « Te Ara Nui » (destruction de 500 maisons sur 10,5 km et expropriation de quelque 2500 personnes). Pourtant, le 13 juillet 2005 le Ministre de l’Equipement James Salmon évoquait à nouveau la jonction Papeete/Taravao par une « route des collines » qui « pourrait entraîner des expropriations d’habitations »… Le 15 septembre, le Président Temaru déclarait lors de la session budgétaire: « (…) en remplacement du projet Te Ara Nui, les études de la route de désenclavement à la côte 350 vont être reprises pour ouvrir des voies de pénétration dans les vallées. (…) ». Le budget général 2005 de la Polynésie française retenait la « Route des collines : Punaauia ». Le budget général 2006 l’appelle maintenant « Route des collines : Punapa », c’est à dire « Punaauia et Paea »… en attendant la suite jusqu’à Taravao.

Après le séminaire de « concertation sur le projet Faratea » (voir « La Dépêche » du 16 mars 2006), il est évident que nos dirigeants actuels n’ont pas abandonné le projet « Te Ara Nui », bien au contraire. Ils en ont seulement changé le nom. L’EGT (Etablissement des Grands Travaux) déclare « (…) il existe toujours des recherches alternatives de tracés qui permettraient d’épargner au maximum les habitations. (…) La construction de la route est inévitable (…) ». « Epargner au maximum les habitations » : nous savons ce que cela veut dire, nous (association « Aitaranui ») qui avions contesté le projet depuis avril 2003 en relation avec la population, les autorités et l’EGT. « La route est inévitable », disent-ils : et pourquoi donc (voir nos réflexions et propositions sur notre site Internet), et au prix de combien de souffrances humaines, de combien de nuisances et de pollution ?

Nous nous demandons aujourd’hui de quoi relève le reniement de cette promesse du « Taui ». Sommes-nous dans l’incapacité de concevoir des solutions alternatives au goudronnage généralisé de l’île ? S’agissait-il d’électoralisme ? Ce qui serait ressenti comme une trahison ne pourra à terme que se retourner contre ses auteurs. Notre association, résolument apolitique mais farouchement citoyenne, avait déjà écrit le 28 mai 2004 : « Une part de démocratie participative, celle qui permet aux citoyens de s’exprimer sereinement et d’être véritablement associés aux projets et aux décisions qui les concernent directement, doit s’imposer. Nos représentants – quels qu’ils soient - devront s’en inquiéter s’ils veulent consolider la cohésion sociale, assurer le développement harmonieux et conserver les responsabilités qui leur sont confiées. ». On connaît la suite…

Cette fois, l’EGT (et donc le ministère de l’équipement dont il dépend) n’a convié à cette réunion de concertation que des acteurs de la vie économique du Territoire. Comme si seul les préoccupations de cet ordre doivent être prises en compte sans que la société civile soit associée à la réflexion. Forte de son organisation et du soutien de ses sympathisants, fidèle à son engagement et à son devoir, « Aitaranui » s’opposera à toute menace sur notre patrimoine et fera éventuellement appel à toutes les protections de la loi.

Association « AITARANUI »
www.aitaranui.org
aitaranui@yahoo.fr

Une "concertation" bien restreinte!

Dans "La Dépêche" du 16 mars 2006

Un service public encore peu serviable !

Dans "Les Nouvelles" du 13 mars 2006