{{Les spécificités géographiques, maritimes et orographiques de la Polynésie française et les choix antérieurs en matière de développement doivent conduire aujourd’hui les décideurs à repenser la politique des transports en prenant en compte deux priorités :
la réduction des effets négatifs induits par la grande dispersion des îles et archipels composant notre pays, de même que par l’éloignement de la Polynésie française des grandes lignes commerciales internationales ;
le règlement des problèmes posés par la saturation du réseau routier sur l’île de Tahiti.
LES TRANSPORTS – LA CLE DE LA DECONCENTRATION DU PAYS
Il ne peut être question de développement économique et social dans notre pays sans poser la problématique des carences dans les liaisons maritimes et aériennes entre Tahiti et les autres îles et archipels de Polynésie française d’une part et entre notre pays et nos principaux partenaires internationaux.
De fait, le TE ‘AVEI’A estime qu’il est impératif de pallier rapidement aux insuffisances actuelles de la politique des Transports afin de permettre aux acteurs économiques d’envisager sérieusement et sereinement une déconcentration partielle de leurs activités depuis les Iles du Vent au profit des autres archipels.
Nous ne reviendrons pas ici sur l’importance que le TE ‘AVEI’A accorde au secteur primaire en tant que clé d’une décentralisation réussie, ni sur le fait que la rurbanisation des nos îles permettrait de soulager la grande zone urbaine de Papeete en même temps qu’elle offrirait à une partie de notre population de bien meilleures conditions de vie et à nos touristes de nouvelles destinations. Mais que deviendraient les efforts financiers et humains dans le cadre de ce développement économique et social décentralisé, si, dans le même temps, rien de cohérent n’était fait sur la question des liaisons inter-îles, si, par exemple, la production agricole était condamnée à pourrir sur un quai par faute de navire, si les touristes étaient dépendants d’une rotation improbable ....
Toutes ces raisons amène le TE ‘AVEI’A à considérer comme prioritaire le fait d’investir dans des infrastructures portuaires et aéroportuaires et de mener une politique de partenariat renforcé avec les professionnels du secteur des Transports. La valorisation de nos atouts passera obligatoirement par une amélioration des liaisons maritimes et aériennes inter-îles, tant au niveau du confort qu’à celui des fréquences de rotation ou d’une plus grande diversité des dessertes proposées.
De ce maillage plus dense et plus cohérent, de cette nécessaire interactivité entre les différentes composantes géographiques de la Polynésie française dépend la capacité de notre pays de développer l’ensemble des archipels selon un même rythme en fonction de leurs atouts et en préservant leurs spécificités propres.
Ajoutons que certaines îles et archipels auraient plus intérêt à profiter des ces nouvelles infrastructures portuaires pour développer une activité de cabotage au lieu de vouloir « à tout prix » se doter d’un réseau routier inadapté à leur relief. La préservation de leurs sites naturels y gagnerait beaucoup, tant au profit de leurs populations que pour les personnes venues pour un séjour touristique.
Sur le plan international, le pays dispose avec la compagnie aérienne Air Tahiti Nui d’un outil indispensable qu’il conviendra d’adapter en fonction des objectifs et des besoins, l’ouverture de nouvelles lignes nécessitant une mise à niveau de nos infrastructures, notamment en matière d’offres hôtelières et touristiques. Cependant, le fait de ne disposer aujourd’hui que d’un seul point d’entrée internationale peut être considéré à terme comme un handicap et cela doit nous amener à penser aux possibilités de promouvoir des échanges de proximité entre certains archipels et leurs voisins immédiats (Hawaiï, Chili …).
TAHITI : UN RESEAU ROUTIER EMBOUTEILLE
Est-il besoin de revenir sur les difficultés à emprunter le réseau routier de Tahiti, largement inadapté, vieillissant et fortement encombré à certaines heures de la journée. Comment parler de qualité de vie, de souci de santé publique, de « destination de rêve » quand nos enfants doivent être levés avant l’aube pour arriver à l’heure à l’école, quand nous passons tous les jours des heures perdues dans des embouteillages, quand notre population et nos touristes subissent les gaz d’échappement à longueur de journée.
Si la réalité actuelle n’a rien de réjouissant, que dire des perspectives à dix ans, quand ce seront au bas mot quelques cinquante mille véhicules supplémentaires qui voudront emprunter ce réseau. Le TE ‘AVEI’A estime que nous devons repenser complètement le problème de la circulation et de l’aménagement de l’espace routier à Tahiti, et prioritairement dans la grande zone urbaine allant de Paea à Mahina. D’où l’idée de réunir une Commission de réflexion des transports publics regroupant des institutionnels, des professionnels des transports et des représentants communaux et des usagers.
Pour le TE ‘AVEI’A trois pistes sont à explorer :
la création d’une ligne de tramway au cœur de Papeete selon un circuit qui pourrait relier par exemple Vaitavatava – Mamao - Pont de l’Est – Marché - Vaima - zone administrative - école Pomare – Remparts – Prince Hinoi.
La création d’un monorail entre Paea – Papeete – Mahina avec extensions possibles vers Taravao par l’Est et l’Ouest
La mise en place d’un service maritime assurant des liaisons rapides entre les districts et Papeete (catamarans ; aéroglisseurs) et la remise en service de la piste d’aérodrome de la Presqu’île.
L’idée commune à ces projets est de cantonner l’utilisation de la voiture entre le lieu de résidence et une zone de parking sécurisée dans laquelle l’automobiliste laissera son véhicule pour utiliser un transport collectif pour rejoindre la ville et ainsi gagner du temps sur son trajet tout en ayant le loisir de se détendre avant sa journée de travail.
Quelles que soient les options retenues, la solution dite du transport public n’emportera l’adhésion de la population qu’à trois conditions :
Permanence et régularité : le service de transport doit être assuré de façon continue et régulière. Cela nécessite un respect des horaires de passage et une offre de transport étalée et garantie tout au long de la journée
Qualité de service : les véhicules doivent être confortables, climatisés et offrir toutes les facilités d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Plus encore, les stations – ou zones d’arrêt - doivent être protégées de la pollution, du soleil et des intempéries.
Tarif abordable : le prix du ticket et les tarifs d’abonnements doivent être attractifs. Cela nécessite la signature de conventions entre le pays et les concessionnaires des réseaux.
Des choix en matière de transports dans la zone urbaine dépendront la nature des aménagements des espaces de vie et d’activité à venir. Quel avenir pour les zones industrielles en zone urbaine ? Quelles perspectives pour le petit commerce de centre ville ? Ne faudrait-il pas multiplier les zones piétonnes et disposer d’un centre-ville plus attractif pour les touristes et les résidents ?
Une chose est sûre, en matière de transports, le TE ‘AVEI’A souhaite doter la Polynésie française des outils indispensables à son développement et à l’amélioration du cadre de vie des citoyens. Ce n’est que par l’adoption de solutions originales parce qu’adaptées à nos besoins à moyen et long terme que notre pays réussira à domestiquer durablement les contraintes imposées par ses particularismes géographiques et orographiques.}}
Source: Te'Avei'A

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