Les trucks s'en vont...
Dans le site de La Dépêche de Tahiti , le 23 septembre 2008

TRANSPORT PUBLIC - Le dossier de défiscalisation à la DGI
Le dossier du transport public semble être sur la bonne route pour trouver son épilogue au mois de décembre, si toutefois aucune ornière ou tempête politique ne vient gêner la suite des démarches administratives initiées par Willy Chung Sao, directeur de NTCE, auprès de la Direction générale des impôts (DGI) et du Pays.
C’est en effet l’administration fiscale, en charge du dossier depuis le 1er août, qui doit à présent donner son feu vert à la défiscalisation des 53 bus commandés par la NTCE pour effectuer le transport public dans la zone urbaine de Papeete. Et c’est au Pays de trouver un consensus qui puisse satisfaire les deux protagonistes du transport public et scolaire, à savoir Frédéric Taputuarai et Willy Chung Sao.
Justement, du côté des propriétaires de trucks, proches de Frédéric Taputuarai, c’est toujours l’inconnu en ce qui concerne le contrat de soustraitance qu’ils revendiquent, pour pouvoir non seulement assurer le transport scolaire et public, mais également commander les nouveaux véhicules en remplacement de leurs vieux trucks poussifs et en fin de vie. Une réunion à ce sujet s’est tenue hier soir à la présidence en présence des autorités concernées et de Frédéric Taputuarai et Willy Chung Sao.
P.Martin
Renouvellement de l'ensemble des bus, prévu en décembre
Les choses n’ont pas tardé pour Willy Chung Sao directeur de NTCE, puisque trois semaines après avoir reçu officiellement la délégation de service public (DSP), il mettait en ligne le 3 septembre dernier, trois mini bus de 25 places pour desservir certains quartiers de Papeete. Continuant sur sa lancée, il passait commande de 50 bus de quarante places chacun, de marques Hyundai et Caio, pour assurer le transport public et scolaire dans de meilleures conditions de confort et de sécurité. Ces véhicules en attente de l’accord de défiscalisation de la DGI devraient être livrés en décembre prochain et prendre ainsi le relais des vieux trucks encore en circulation.
Toujours à suivre...
Par Association Aitaranui, jeudi 25 septembre 2008 à 18h45 :: Presse
Notre participation au 17 septembre

Association AITARANUI
Les voies du développement durable
Contribution à la journée polynésienne de la mobilité le 17 septembre 2008
Depuis 2003, notre association s’est farouchement opposée à la construction de l’autoroute « Te Ara Nui » sur la côte ouest de Tahiti. Electeurs et élus avaient enfin clairement perçu l’enjeu jusqu’à l’abandon officiel du projet. Détruire des centaines de maisons et exproprier des milliers d’habitants, polluer et défigurer tout le littoral ouest n’aurait fait que satisfaire provisoirement certaines entreprises du bâtiment et surtout n‘aurait qu’aggravé l’embouteillage en augmentant l’afflux des véhicules aux mêmes heures. « Soigner le mal par le mal » n’a jamais guéri personne.
Depuis, la réflexion fait son chemin. Il s’agit de poursuivre le développement de notre pays, avec ambition et détermination, mais aussi avec responsabilité et prudence de façon à garantir l’avenir. Le concept de « développement durable » n’appartient plus aujourd’hui à telle ou telle tendance. Il s’impose partout où la démocratie n’est pas un vain mot, où la croissance tient compte de l’environnement, de la qualité de la vie et des perspectives d’avenir.
Une préoccupation essentielle
En ce qui concerne la mobilité et le transport, il est essentiel d’étudier la question dans son ensemble. Augmenter indéfiniment le réseau routier et donc multiplier le nombre de véhicules polluants n’est plus la solution et aggraverait l’asphyxie. C’est pourquoi nous avions fait connaître sur notre site Internet et dans la presse nos réflexions et nos propositions dans ce domaine crucial du déplacement des personnes et des biens.
Au regard du nombre des véhicules (près de 80 000, soit une voiture pour trois personnes) et de la fréquence des déplacements (en moyenne, trois trajets par jour et par véhicule), chacun constate que le réseau routier ne répond plus correctement aux besoins (ou plutôt à l’utilisation qu’on en fait). Les embouteillages et les accidents de la route en sont les symptômes quotidiens. Une certaine anarchie s’est progressivement installée au point de créer un véritable handicap collectif.
Pourtant, le secteur automobile augmente ses ventes chaque année d’environ 15% (dont plus de la moitié sont des 4x4). Ce qui n’est pas un signe d’amélioration du niveau de vie des tahitiens puisque le crédit - souvent très long - finance presque toujours l’achat, provoque le surendettement et se fait souvent au détriment d’un mieux-être familial. D’autre part, le nombre des poids lourds a tendance à augmenter sensiblement en fonction de l’activité économique. Compte tenu des modes de consommation d'énergie les plus répandus (essence et diesel), les moyens de transport actuels ne sont pas viables à terme. Ils aggravent les problèmes écologiques et menacent la santé des habitants. Le secteur de la mobilité en général a donc un rôle essentiel et bénéfique à jouer dans le développement économique et social puisque les besoins en cette matière sont en augmentation.
Dans de nombreux pays, les politiques de transport prévoient d'autres moyens pour répondre aux besoins commerciaux et privés. Il s’agit surtout pour l’avenir d’intégrer la planification de l'occupation des sols et celle des transports urbains, périurbains et ruraux, en gardant à l'esprit la nécessité de protéger les écosystèmes et les zones fortement habitées. C’est pourquoi la voiture individuelle et la multiplication anarchique des voies de circulation devront progressivement céder la place aux transports collectifs et aux énergies non polluantes.
Des décisions indispensables
Dans l’immédiat et face aux difficultés grandissantes, il convient de consolider les infrastructures et mettre au point des systèmes nouveaux de transports en commun, d’adopter et de promouvoir des mesures propres à atténuer les effets néfastes sur la vie quotidienne et l'environnement, visant notamment à rationaliser le secteur des transports.
Pourquoi se déplace-t-on? Que transportons-nous? Par quels moyens? Sur quels trajets? A quels horaires? Dans notre monde en constant développement, le déplacement des personnes et la circulation des biens exigent de nouvelles politiques de transport. L’entretien et la réfection des infrastructures routières existantes ne suffisent plus à répondre aux besoins. A cet égard, Tahiti est un contre-exemple navrant.
Autour de Papeete, 60 kilomètres de routes d’est en ouest supportent chaque jour les mouvements de 140 000 personnes et de plusieurs milliers de tonnes de marchandises de toutes sortes. Les transports en commun y sont très mal organisés en terme d’horaires et de fréquence. Rien d’étonnant à ce que d’énormes bouchons se forment sur la côte ouest aux heures de pointe, quand rien – ou presque – n’est fait pour réguler le trafic et proposer aux usagers de vraies réponses alternatives à la voiture individuelle. Céder progressivement la place aux transports collectifs modernes et fiables, aux énergies non polluantes est aujourd’hui une nécessité absolue.
Notre pays en a les moyens financiers et techniques. Il lui faut aussi une volonté forte inscrite dans d’utiles concertations avec les acteurs concernés, économiques et sociaux. Sans cela, la situation ne pourra que dériver vers la congestion et l’embolie…
Des aménagements urgents
En l’état actuel, il convient d’abord de poursuivre la réfection et l’adaptation du réseau routier. Les travaux réalisés ou entrepris vont dans le bon sens mais restent bien timides. Entretenir régulièrement le revêtement des routes, améliorer la signalétique et intensifier les contrôles routiers sont indispensables mais ne suffisent pas. Certains réaménagements s’imposent à des endroits stratégiques, ce qui n’est réalisé qu’à un rythme très insuffisant.
Il faudrait d’ores et déjà, rappelons-le :
- poursuivre la rénovation de la route de ceinture ouest
- tracer des lignes continues quand la visibilité fait défaut, ce qui n’est pas toujours le cas
- créer et matérialiser des « tourne-à-gauche » chaque fois que possible (comme vers « Te Maru Ata ») pour desservir les servitudes importantes et les écoles, afin de ne pas ralentir le trafic
- améliorer l’éclairage de la route de ceinture, mais aussi l’entretenir
- élargir les entrées à trottoir devant certaines propriétés pour y accéder facilement sans se déporter sur la gauche
- aménager chaque fois que possible sur les bas-côtés bitumés une piste cyclable clairement indiquée
- créer et matérialiser toutes les aires d’arrêt des transports en commun
- mettre en place des passages piétons protégés (ou des passerelles) dans les zones fortement peuplées
- installer des ralentisseurs à l’approche des zones sensibles
Ce type d’aménagements relativement simple contribuerait à plus de sécurité et à une circulation plus fluide, particulièrement aux heures de pointe.
Une organisation plus clairvoyante
Quelle que soit la qualité du réseau routier, la question des horaires (tous ensemble sur la même route) se pose bien sûr avec acuité. Plutôt que de vouloir constamment élargir les voies ou doubler les routes actuelles, une meilleure organisation pourrait aussi nettement améliorer les choses.
Citons-les une nouvelle fois :
- la circulation des camions et des poids lourds pourrait être interdite dans les deux sens aux heures critiques de 6 à 8 et de 16 à 18 heures
- le transport scolaire fiable et sécurisé des enfants et des adolescents, en aménageant les horaires et les rythmes scolaires à des heures raisonnables, améliorerait beaucoup la situation
- les horaires de travail des administrations (et pourquoi pas d’entreprises privées responsables …) mériteraient d’être étalés en liaison avec les rythmes de vie des familles
- la question des transports en commun reste encore largement à résoudre. Ce chantier (équipements en véhicules adaptés, réorganisation des services existants entre communes, régulation des arrêts et des horaires, tarifs, etc.) revêt une importance toute particulière
- Un projet de monorail ou de tramway en zone urbaine gagnerait à être étudié sérieusement
La transformation de l’entrée Ouest de Papeete n’est toujours pas réalisée. Il serait judicieux de pouvoir contourner aisément la ville en allant vers Pirae. Ainsi, le bouchon de la capitale serait moins étanche dans les deux sens. Pourquoi ne pas utiliser la voie maritime, particulièrement pour le transport de certaines marchandises, des containers, des hydrocarbures, des ordures ménagères ? Cela contribuerait beaucoup à alléger le trafic sur la route de ceinture, à mieux respecter l’environnement, la santé et la sécurité des riverains.
Enfin…
Les difficultés de circulation automobile sont aussi la conséquence de plusieurs facteurs qui tiennent des habitudes individuelles et des résistances au changement. Il s’agit donc de moderniser le réseau routier actuel, de rationaliser les déplacements scolaires et professionnels, de mettre en place un véritable service public de transport collectif, d’imaginer de nouvelles façons de répondre au progrès économique et social.
Il faut pour cela une volonté politique claire, les moyens budgétaires correspondants et l’adoption de dispositions réglementaires appropriées. C’est pourquoi un effort d’harmonisation sociale et quelques régulations économiques sont maintenant indispensables…
Association « AITARANUI »
Numéro Tahiti : 684548
B.P. 380252 Tamanu
98718 PUNAAUIA – TAHITI
www.aitaranui.org
aitaranui@yahoo.fr
Par Association Aitaranui, mardi 16 septembre 2008 à 14h33 :: Repères
Journée polynésienne de la mobilité
Présentation de la journée polynésienne de la mobilité de la Ville de Papeete – 17 septembre 2008
L’Evènement: La Ville de Papeete organise la Première Journée Polynésienne de la mobilité, consacrée aux déplacements urbains écologiques.
Cette journée s’inscrit dans le cadre de la traditionnelle Journée européenne de la mobilité.
Le Lieu: La Journée se passe à l’Hôtel de Ville de Papeete
La Date: Le 17 Septembre 2008, de 8h30 à 15 h00.
Les Objectifs: Ils sont multiples:
- Lancer une réflexion générale sur les difficultés de déplacements et de circulation à Papeete et dans l’agglomération, permettre à chacun de s’exprimer sur ce sujet qui nous préoccupe tous, et recueillir des propositions de solutions.
- Montrer à la population que ces questions sont au cœur des réflexions des autorités publiques.
- Inciter la population à utiliser des modes de déplacement plus écologiques, par exemple en se déplaçant à pieds, en vélo, en transport en commun ou en pratiquant le covoiturage.
Les Partenaires:
- Les communes de l’agglomération
- Le Gouvernement et les services du Pays
- La Police et la Gendarmerie
- Les associations sensibles à ces questions
- Les professions concernées (bus, taxis…)
- Les entreprises
- Les établissements scolaires
La Nature des activités et opérations liées à l’évènement:
- Une conférence débat : la matinée est consacrée à un état des lieux sur la circulation, le stationnement et les déplacements urbains ; l’après-midi sera consacrée à un zoom sur le co-voiturage
- Une exposition dans les jardins de véhicules écologiques et alternatifs à la voiture traditionnelle
- La mise en place d’un dispositif de co-voiturage
- Une enquête sur les habitudes de déplacements de la population et ses dispositions à opter pour un comportement plus écologique
Le pilote de l’évènement: Madame Nicole BOUTEAU, Quatrième Adjointe au Maire de Papeete, chargée des déplacements urbains
Le programme de la journée
8h 30 accueil : café,…
9h début de la journée de conférences débats
9h 15 Présentation de la semaine de la mobilité et de la journée de conférences
9h 30 La situation actuelle en matière de mobilité à travers différents angles
9h 35 l’urbanisme, outil de prévision
9h 50 la circulation routière, signal de l’état de la mobilité urbaine
10h 05 1ère discussion avec la salle
10h 15 PAUSE
10h 25 La situation actuelle en matière de mobilité à travers différents angles (SUITE)
10h 25 la situation des transports en commun
10h 40 la gestion du stationnement, un des moyens de réponse
10h 50 les nuisances d’une circulation anarchique
11h 05 le point de vue associatif – la mobilité et le développement durable
11h 25 2ème discussion avec la salle
11 h 50 conclusions de la matinée et Signature de la charte 2008 de la semaine européenne de la mobilité
11 h 55 – 13 h déjeuner- cocktail sur place offert par la Ville de Papeete
13 h Introduction sur les travaux de l’après midi
13 h 05 les axes de travail en matière de mobilité
13 h 15 Zoom sur une action possible : LE COVOITURAGE
13 h 45 Echanges avec la salle sur le co-voiturage
14 h 15 Conclusions sur le covoiturage
14 h 20 Ouverture sur les axes de travail de la mobilité et discussions
14 h 45 Conclusions générales de la première participation à la semaine européenne de la mobilité
15 h FIN de la journée polynésienne de la mobilité de la Ville de Papeete
Par Association Aitaranui, mardi 16 septembre 2008 à 14h17 :: Billets
7 jours en faveur de la mobilité durable
Chaque année, du 16 au 22 septembre, toute l’Europe se mobilise pour promouvoir des solutions de transport alternatives. Le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire coordonne cette 7ème édition avec l’ADEME, le GIE Objectif transport public GART/UTP et en partenariat avec la FUBicy, Transports Passion et le Club des villes cyclables.
Objectifs de cette opération
réduire les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports, en France et en Europe
influer de manière positive sur les comportements de déplacements, la santé et la qualité de vie des Européens
Publics concernés
Collectivités locales, entreprises exploitant un réseau de transport, entreprises, associations, services publics, établissements scolaires sont encouragés à :
tester ou adopter de nouvelles mesures en faveur des modes de transports durables
organiser des manifestations de sensibilisation sur le thème de la mobilité durable
valoriser des bonnes pratiques en matière de déplacements
Un appel à projets est lancé auprès de tous les acteurs de la mobilité pour favoriser des initiatives locales, faire émerger des projets et créer des événements susceptibles, partout en France, de susciter des changements de comportements.
Source: Ministère (métropolitain) de l'écologie, ...
Par Association Aitaranui, mardi 16 septembre 2008 à 13h57 :: Billets
L'EGT et la CTC, un recadrage nécessaire

Dans le site de "La Dépêche de Tahiti", le 19 septembre 2008
L'établissement public des grands travaux passé au crible
La juridiction financière a rendu, en début de semaine dernière, son rapport d’observations définitives concernant la gestion de l’EGT. Dans le cadre de ses missions de contrôle, la Chambre territoriale des comptes s’est, en effet, penchée sur les comptes de cet établissement public industriel et commercial (EPIC) pendant la période 2002-2007, soit quasiment depuis sa création.
Et si les magistrats n’ont pas relevé de scandales à proprement parler, ils recommandent fortement à ses dirigeants de “recentrer l’activité de l’EGT (…) sur la maîtrise d’ouvrage déléguée des grands travaux financés par la dotation globale de développement économique (DGDE)” pour “une meilleure cohérence des buts assignés à l’établissement et une plus grande transparence des opérations financées par cette dotation de l’État”.
Un établissement public à tout faire
Car selon la CTC, l’EGT, en devenant EPIC en octobre 2002, “s’est offert la possibilité d’assurer des prestations de service alors qu’il n’était au départ compétent qu’en matière de réalisation d’ouvrages pour des opérations structurantes” : exploitations d’ouvrages, tels que les parkings, acquisition de biens et immeubles, prises de capital ombrageuses dans des sociétés publiques ou commerciales… Or, cette “évolution de l’activité de l’EGT, au fil des circonstances et en fonction des opportunités du moment, si elle se poursuivait sans précaution”, averti la CTC, “risquerait de voir l’EGT devenir un “établissement public à tout faire”, orientation peu compatible avec le principe de spécialité”. Dénonçant cette “activité dispersée” et des “missions constamment élargies”, les magistrats de la chambre territoriale des Comptes ont pointé du doigt, pêle-mêle, la tentative de prise de participation dans la société d’économie mixte de transport Maeva Nui (annulée par le tribunal administratif en janvier dernier), le gestion annoncée par l’EGT de l’hôtel des familles de l’hôpital Mamao, ou encore celle du parc de stationnement Jacques Chirac. Côté finances, en revanche, tout va bien. Et c’est bien ça… le problème. Car si l’argent public s’entasse aux Grands Travaux, c’est qu’il n’y a pas de travaux.
L’EGT souffre aussi de l’instabilité politique
“Les résultats sur la période contrôlée sont largement excédentaires”, note la CTC, du fait “d’une “surdotation” financière résultant de l’affectation de taxes sans étude préalable” et “de la faible réalisation du programme pluriannuel d’investissement et notamment des travaux à réaliser en maîtrise d’ouvrage propre”. L’établissement dispose d’un volume de trésorerie toujours plus important, passant de 2, 15 milliards de Fcfp en 2002 à 9, 4 milliards de Fcfp en 2006. Et la CTC de recommander de “limiter l’accumulation des réserves de crédits sans emploi immédiats alimentées par des taxes fiscales (essentiellement sur le tabac et l’alcool, entre 2 et 3 milliards de Fcfp par an, ndlr)”, tout en reconnaissant qu’une partie de cette manne a été utilisée en avance de trésorerie sur le chantier du nouvel hôpital. “Retards dans l’exécution”, “abandon de certains projets comme la voie rapide Te Ara Nui, la gare maritime de Papeete”, et “absence de réalisation des objectifs fixés” expliquent essentiellement cette aisance financière, selon des magistrats qui soulignent par exemple qu’entre 2003 et 2006, sur les 59, 7 milliards de Fcfp de travaux programmés, à peine 21 milliards ont été réalisés dans un contexte “soumis aux influences politiques variables, résultant de la composition du conseil d’administration”.
L’EGT, “en tant qu’outil de développement de la Polynésie française, reste mal utilisé”, assène également la CTC qui donne toutefois un très bon point dans le respect du code des marchés publics : “Les règles sont strictement appliquées, notamment dans la construction du nouveau centre hospitalier” qui a “indéniablement favorisé la concurrence”. Le nouvel hôpital qui sera d’ailleurs, selon les magistrats, “la seule opération majeure qui aboutira en dépit d’un retard de près de 3 ans, alors que toutes les autres opérations structurantes ont été abandonnées ou redimensionnées à la baisse”.
Passant en revue l’état d’avancement de projets, tels que le port et la zone industrielle de Faratea ou les projets routiers de désenclavement de Taravao, la CTC s’est arrêtée sur l’aménagement du front de mer de Papeete, notant “qu’à défaut de planification d’ensemble et d’appropriation par tous les acteurs locaux, certains projets de répondent pas ou risquent de ne répondre que partiellement aux attentes de leurs promoteurs”. La CTC qui déplore, enfin, “une mobilisation du fonds de roulement en 2007 pour des projets de moins en moins assimilables à des grands travaux (bitumages de route dans les îles, tentative d’acquisition d’un hôtel à Moorea pour soulager les finances du Pays en 2007, participation au capital de SEM)”, et réitère ses observations sur la nécessité de “réfléchir à la véritable vocation de l’EGT”, un établissement aux ressources, provenant de taxes, “très supérieures aux besoins” si l’on considère son activité.
Raphaël Pierre
L’intégralité du rapport est disponible en ligne sur le site de la "Chambre Territoriale des Comptes"
Par Association Aitaranui, mardi 16 septembre 2008 à 10h19 :: Repères
