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AITARANUI, association polynésienne

Les voies du développement durable     

Sans commentaire...



Sur le site internet de "La Dépêche" du 27 février 2009



CHAMBRE TERRITORIALE DES COMPTES
Le transport public passé à la loupe

Sur la gestion du transport public à Tahiti et sur l’affaire des bus Ankai, le verdict de la Chambre territoriale des Comptes est tombé. Ce rapport pourrait faire sourire le lecteur s’il ne concernait pas un dossier particulièrement sensible pour la population et s’il ne mettait pas en évidence la légèreté, voir l’incompétence des personnes qui en ont eu la charge. Le résultat, aujourd’hui, de ce lamentable gâchis concerne en tout premier lieu la sécurité des usagers qui se détériore au même rythme que les vieux trucks qui continuent pourtant de transporter des passagers dans des conditions de confort et de sécurité d’un autre temps. Mais, c’est aussi le risque de voir la Polynésie française assurer financièrement et pénalement les recours contentieux en cours, et dont l’ardoise pourrait ce chiffrer en centaines de millions Fcfp.

En trois points

. La CTC a fourni un rapport accablant sur la gestion du dossier du transport public par les gouvernements successifs.
. La responsabilité civile et pénale du Pays pourrait être engagée en cas d’accident, compte tenu de l’état de vétusté de certains véhicules.
. L’affaire des bus Ankai risque (encore) de faire des vagues, mais à cause des contentieux en cours cette fois. Et finalement, c’est (encore) le contribuable qui sera chargé de payer la note.

La Chambre territoriale des Comptes (CTC) note, dans son rapport, le peu de progrès constatés dans le transport public sur la zone urbaine de Papeete et pointe le détournement de l’objectif de la DSP (Délégation de service public)
“Des délégations de service public ont été confiées par la collectivité de la Polynésie française à des sociétés de transporteurs en 2001. Ces délégations avaient pour objectif de mettre en place un service de transport urbain moderne et adapté (…) Force est de constater qu’à ce jour, peu de progrès ont été réalisés en zone urbaine.” Le rapport laisse également apparaître une absence de rigueur dans la désignation des délégataires de service public. “Malgré les critères fixés pour le choix du délégataire, qui auraient dû conduire à la sélection d’un opérateur efficace et performant, la SA Maeva Transport sera vite défaillante face à ses obligations au regard du service public. On peut donc s’interroger sur la portée d’une telle procédure d’appel d’offres comportant des critères de choix très détaillés, pour une apparente mise en concurrence, alors qu’elle a conduit, au moins pour le lot urbain, à l’attribution du contrat à un groupe de transporteurs, alliés pour la circonstance, mais incapables d’assumer leurs obligations.” La CTC détaille les “importantes défaillances” constatées sur le terrain : “D’une manière générale, les infractions commises par les véhicules sont les suivantes : non respect des horaires de départ des terminus, non respect des itinéraires, mauvaise répartition des véhicules sur les lignes, non respect des temps d’arrêts maximum autorisés aux arrêts centraux”. Sans donner un satisfecit aux transporteurs de la côte Est et Ouest, la CTC leur accorde néanmoins la prime à la sécurité : “Les services rendus par les véhicules de NTCE et de TCCO sont “moins mauvais” que ceux de la SA Maeva Transport. La différence principale réside davantage dans la qualité de leur matériel roulant, qui est plus récent, plus confortable et donc plus sécurisé.”

La responsabilité du Pays dans la gestion du dossier
Selon la CTC, le Pays serait en grande partie responsable de l’état actuel du transport public en zone urbaine, à cause d’un manque de volonté à faire respecter les obligations contractuelles : “Globalement, les services fonctionnent mieux sur les zones non urbaines, alors que la délégation à la société Maeva Transport dans l’agglomération de Papeete s’est soldée par un échec, sur toute la période. Pour l’essentiel, les transports urbains continuent d’y être assurés par divers exploitants privés, dans des conditions qui rappellent étrangement celles antérieures à la création, en 1987, du service public. La responsabilité en incombe aux autorités de la Polynésie française qui n’ont pas pris les mesures nécessaires visant à faire respecter les obligations contractuelles du délégataire. Le fonctionnement clanique de Maeva Transport, dont le capital est détenu par de multiples transporteurs, agissant chacun pour leur compte personnel, a empêché tout progrès”. Pour la CTC, il devient urgent de réformer le transport public en zone urbaine : “La collectivité de la Polynésie française devrait donc à nouveau se saisir de cette opportunité pour redéfinir une organisation des transports adaptée à la zone urbaine. À défaut de décision, dans un avenir immédiat, les conditions de circulation dans l’agglomération de Papeete ne pourront que se détériorer, et la vétusté croissante du parc de véhicules de transport ne sera pas sans risque pour ses usagers”.

L’état de vétusté de certains véhicules
La CTC rappelle, également dans son rapport, l’état de vétusté de certains véhicules de Maeva transport, qui en cas d’accident grave pourrait entraîner la responsabilité financière et pénale du Pays. “En dernier lieu, l’état des véhicules était préoccupant : de nombreux trucks de la SA Maeva Transport présentaient des signes manifestes de nonconformité aux dispositions du code de la route, et leur l’état de vieillissement ou d’entretien montrait que les conditions de sécurité pour assurer le transport en commun de personnes n’étaient pas réunies. À ce titre, conformément aux dispositions de l’article 114-1 du code, ces véhicules (13 au total), dont la moyenne d’âge était de 23 ans, ont donné lieu à convocation en contre-visite technique. Certains propriétaires (7) ont, toutefois, refusé de se soumettre aux contrôles techniques ou aux essais de freinage. En 2007, le parc de Maeva Transport n’a toujours pas fait l’objet d’une modernisation, ce qui est préoccupant pour la sécurité des personnes transportées. Il serait souhaitable que l’autorité publique prenne enfin ses responsabilités pour ne pas courir le risque de voir sa responsabilité engagée en cas d’accident grave”.

L’affaire des bus Ankai, révélée par La Dépêche de Tahiti, épinglée par la CTC
La CTC s’est également penchée sur l’affaire des bus Ankai, qui avait été révélée par La Dépêche, avant que la presse ne se fasse l’écho de ce qu’il convient d’appeler, aujourd’hui, un scandale politico financier, dû principalement à l’amateurisme du ministre de l’époque. “À la suite d’une intense campagne médiatique dénonçant le manque de transparence dans la gestion de ce dossier et les possibles surfacturations au profit d’intermédiaires, les autorités de la Polynésie française ont souhaité en 2007 dégager leur responsabilité, en affirmant qu’aucune commande effective n’avait été passée. La chambre a examiné dans le détail le processus de sélection du constructeur et de la commande.” Pour la CTC, la responsabilité de la Polynésie semble effectivement engagé dans la commande des bus chinois auprès de la société Ankai : “La chambre constate donc que le président pressenti de la SEM en cours de constitution a confirmé contractuellement un engagement verbal antérieur pris envers la société 2 R Marketing pour la commande des bus. (.. ) C’est bien le ministre qui avait notifié le choix de Ankai à 2 R Marketing et qui confirme que cette société a dû prendre des dispositions avec son constructeur et a donc vraisemblablement lancé la construction des bus. La société 2 R Marketing a engagé contre la collectivité de la Polynésie française un contentieux en appel, devant la Cour administrative d’appel de Paris (requête en date du 19 octobre 2007) en tentant de démontrer l’engagement du ministre.”

Responsabilité financière du Pays engagée
La CTC rappelle les risques financiers et pénaux encourus par le Pays : “(…) Ces arguments ne sont pas dénués de fondement. M. James Salmon, ministre en fonction, s’est en effet beaucoup avancé. À plusieurs reprises, il a fait entendre que la commande des bus serait effective. En septembre 2006, le souhait du ministre était de rattraper le retard accumulé par Maeva Transport dans le renouvellement de sa flotte, et d’avoir de nouveaux bus en service pour la rentrée scolaire 2006, ou au plus tard pour la rentrée de janvier 2007. L’implication très active du ministre en exercice dans le processus de la commande peut donc être relevée. Ainsi, même si les autorités de la Polynésie française n’ont pas officiellement formalisé une commande, le ministre a bien poussé à ce que le dossier avance au plus vite et laissé entendre, à plusieurs reprises, que ce serait le président de la SEM qui passerait commande. Il a également affirmé que la SEM allait confirmer ses engagements pour ne pas “être confrontée à un malheureux contentieux avec le fournisseur chinois.” Il ne peut être totalement exclu que la société d’économie mixte Maeva Nui soit appelée par une décision de justice à honorer ses créances. La Polynésie française devrait alors répondre en responsabilité au titre de la garantie d’emprunt qu’elle a accordée pour le principal, mais également pour les intérêts et la clause pénale du contrat. Le contentieux 2 R Marketing devant la Cour administrative d’appel de Paris représente un risque important et il n’est pas du tout sûr, au vu du dossier, que la SEM échappe au versement d’importantes indemnités, compte tenu du degré d’implication des autorités politiques (président et ministre en exercice). Il s’agit du pourvoi en appel d’un contentieux en référé provision ; comme l’a indiqué Me Théodore Ceran Jerusalemy, le représentant de 2 R Marketing espère toujours une voie de règlement amiable (transaction).

Les conclusions de la CTC
L’avenir risque d’être sombre pour les finances du territoire et il serait plus prudent, selon la CTC, de recapitaliser la SEM Maeva Nui et de recommander au gouvernement en place d’agir rapidement pour le bien des usagers et de la collectivité : “Alors que tout le monde s’accorde à reconnaître l’urgence d’une amélioration de la situation des transports en commun sur la zone urbaine de Papeete, et la nécessité de renouveler le parc de véhicules de transports publics terrestres de personnes qui la dessert, force est de constater que le traitement de cette question a fait les frais d’un manque de continuité. Il est, désormais encore, plus urgent de s’en saisir. Dans cette perspective, la collectivité d’outre-mer et les principaux actionnaires de la SEM Maeva Nui doivent s’interroger sur le rôle futur pouvant être confié à cette structure. En tout état de cause, s’il est décidé de maintenir en vie cette société, une recapitalisation s’avère nécessaire. L’entreprise devra, en effet, faire face aux obligations qu’elle a contractées ainsi qu’aux risques que font peser sur elle les contentieux en cours”.

Pascal Martin

Éric Pommier ministre des Transports
“La sécurité des usagers avant tout”
Le nouveau ministre des Transports, Éric Pommier, hérite d’un dossier particulièrement brûlant puisque le dernier rapport de la CTC vient confirmer l’urgence d’apporter des solutions pérennes au dossier du transport public et scolaire. Pour ce dernier, il faut concilier l’humain et l’excellence du service public en gardant comme principale préoccupation la sécurité des utilisateurs : “Le rapport de la CTC est, effectivement, éloquent. Si le service public semble être assuré correctement hors de la zone urbaine de Papeete, il est vrai qu’il y a de gros problèmes dans la capitale, où circulent encore des certains trucks sont manifestement à bout de souffle. L’humain et l’affectif ont, certes, une place importante dans le traitement du dossier, mais la sécurité des usagers passe avant tout. Nous travaillons à une solution rapide à cet épineux problème qui soit la moins douloureuse possible, et dans l’intérêt de tous”. Pour le ministre, plusieurs problèmes pourraient être résolus par la simple application des textes légaux et réglementaires : “La réglementation existe déjà, notamment en matière de sécurité routière. Il suffirait de la faire appliquer pour éviter, par exemple, les bouchons dus à des arrêts non prévus de bus ou de trucks sur la voie publique”. En ce qui concerne la coquille vide de la SEM Maeva Nui et des recommandations de la CTC pour la recapitaliser afin de faire face aux risques contentieux, le ministre confirme qu’une analyse juridique est en cours et qu’une décision sera prise rapidement. Manifestement le ministère des Transports est bien décidé à apporter une conclusion rapide à ce dossier comme le préconise la CTC, souhaitons simplement que la politique lui en laisse le temps.

Dix bus api pour la RTU
La Régie des transports urbains (RTU) a réceptionné, hier, pour la zone urbaine de Papeete dix nouveaux bus de marque Mercedes d’une capacité de 47 places qui viendront compléter sa flotte de véhicules existants. Ces véhicules entreront en service la semaine prochaine et desserviront les zones de Outumaoro-Arue, Pirae-Papeete, et Titioro-Papeete. Ils seront affectés, aussi bien au transport public qu’au transport scolaire, dans les zones précitées. Dix embauches ont été effectuées pour assurer la mise en ligne des véhicules, dont six pour les chauffeurs et quatre pour les accompagnateurs. Quatre chauffeurs de NTCE qui roulaient précédemment sur des trucks viennent compléter l’effectif. Le montant de l’investissement est de 160 millions Fcfp, dont une partie (un tiers) est financée au titre de la loi Girardin.

Aujourd'hui plus qu'hier... et bien moins que demain



Sur le site internet "des Nouvelles" du 24 février 2009

ROUTE TE ARA NUI
En 2004, Oscar avait dit non

À peine nommé, le tout nouveau ministre de l’Équipement, Jonas Tahuaitu, a évoqué comme une de ses priorités la route Te Ara Nui, “ce monstre routier” tant dénoncé par l’association Aitaranui. Pourtant, c’est bien Oscar Temaru qui y avait mis un coup d’arrêt en août 2004. Ce projet de voie rapide lancé en 2003 par Gaston Flosse prévoyait, dans un premier temps, la création d’un axe routier supplémentaire entre le PK 14,3 et le PK 25. À terme, la route devait relier Taravao. Les travaux étaient prévus pour débuter en 2005. L’association Aitaranui qui s’était alors constituée pour s’opposer à la route s’est de nouveau manifestée cette semaine pour dénoncer ce projet qui devait “détruire 500 maisons et exproprier près de 2 500 personnes entre Punaauia et Paea”. En novembre dernier, la CTC a épinglé dans un rapport ce projet. Entre 1998 et 2001, le Pays a commandé au moins trois études sur ce projet pour un coût de 681 millions de Fcfp. Les premières acquisitions foncières ont été lancées en 2003. Durant deux ans, la Polynésie a acheté une quarantaine de propriétés pour un coût total de 1,4 milliard de Fcfp, financé par les crédits de la DGDE, “alors que l’enquête publique lancée en 2003 n’avait toujours pas abouti à une déclaration d’utilité publique”, précisait la CTC dans son rapport. “À l’heure actuelle, le dossier est toujours en suspens”, soulignait la CTC.

Que faire ? Certainement pas "Te Ara Nui" !!


Sur le site internet de "La Dépêche" du 24 février 2009

Que faire pour éviter les embouteillages côte Ouest ?



CIRCULATION – Le projet Te ara nui relance le débat Il a suffi d’une petite phrase, une seule petite phrase prononcée par le ministre de l’Équipement Jonas Tahuaitu, la semaine dernière lors de sa nomination au gouvernement Temaru, pour déclencher à nouveau les passions autour de la route Te ara nui. Interrogé sur ses priorités, il a en effet répondu spontanément : “Il y a cette route Te ara nui que je voudrais faire parmi d’autres chantiers. C’est important pour la circulation, pour ceux qui habitent la côte Ouest.”




En trois points

. Les problèmes de circulation sur la côte Ouest reviennent sur le devant de la scène avec l’évocation récente - toute personnelle - de la route Te ara nui par le ministre de l’Équipement, Jonas Tahuaitu.
. Ce projet de voie rapide décrié lors de sa sortie, notamment par l’UPLD qui lui préférait un autre projet “côte 350”, déchaîne toujours les passions, entre partisans d’une solution aux embouteillages, et détracteurs qui estiment que les réponses sont ailleurs.
. Vos réactions et celles de Corinne Ollier, porte-parole de Aitaranui, résument les arguments pour et contre de ces projets…

Une idée lancée en l’air – façon Jonas – sans surprise d’ailleurs pour celui qui avait défendu ce projet dans les années 2001-2004 sous le gouvernement Flosse. Mais à vrai dire sans véritable concertation avec le reste du nouveau gouvernement Temaru.

Ainsi, le ministre des Grands travaux James Salmon, à qui reviendrait normalement de telles initiatives, n’a pas évoqué ce projet de route Te ara nui. Et le président du Pays Oscar Temaru, a plutôt, dans son discours de candidature à l’investiture le 11 février, ressorti un autre vieux projet, celui d’une route à la côte 350 à Punaauia. Un choix plus logique, quand on se souvient que l’UPLD avait fait sa campagne électorale en mai 2004 sur le rejet de ce projet Te ara nui soutenu par les adversaires orange de l’époque. Et les différents gouvernements UPLD de 2005 et 2006 n’ont jamais relancé le dossier Te ara nui, lui préférant nettement le tracé imaginé juste au-dessus de la plaine de Punaauia et de Paea.

La déclaration de Jonas Tahuaitu est donc à mettre sur le compte d’une initiative strictement personnelle, voire d’une “lubie” pour ceux que ce projet hérisse. Néanmoins, cette petite phrase a relancé le débat sur les problèmes de circulation de la côte Ouest, bien réels. Les réactions ont très nombreuses sur ladepeche.pf, tout comme les propositions pour régler ce problème de circulation. Petit tour d’horizon de ce débat ô combien important, puisqu’il concerne la vie quotidienne de tous ceux qui, à Tahiti, pestent contre les embouteillages, chaque matin et chaque soir sur la côte Ouest…

Yves Fortunet


Les propositions de Aitaranui

La dynamique et emblématique présidente de l’association Aitaranui, Corinne Ollier, n’a pas manqué de réagir très rapidement, dès qu’il a été question à nouveau du projet Te ara nui (TAN). Elle a ainsi rédigé un communiqué regrettant le retour des “cauchemars” et des “lubies”, mais a aussi répondu directement aux internautes de ladepeche.pf (Aitaranui-fait-la-chasse-aux-cauchemars)

Comment désengorger la route de ceinture L’association a aussi fait à plusieurs reprises des propositions face aux problèmes de circulation sur la côte Ouest :

- poursuivre la rénovation de la route de ceinture Ouest ;

- tracer des lignes continues quand la visibilité fait défaut, ce qui n’est pas toujours le cas ;

- créer et matérialiser des “tourne-à-gauche” chaque fois que possible (comme vers Te Maru Ata) pour desservir les servitudes importantes et les écoles, afin de ne pas ralentir le trafic ;

- améliorer l’éclairage de la route de ceinture, mais aussi l’entretenir ;

- élargir les entrées à trottoir devant certaines propriétés pour y accéder facilement sans se déporter sur la gauche ;

- aménager chaque fois que possible sur les bas-côtés bitumés une piste cyclable clairement indiquée ;

- créer et matérialiser toutes les aires d’arrêt des transports en commun ;

- mettre en place des passages piétons protégés (ou des passerelles) dans les zones fortement peuplées ; - installer des ralentisseurs à l’approche des zones sensibles ;

- la circulation des camions et des poids lourds pourrait être interdite dans les deux sens aux heures critiques de 6 à 8 et de 16 à 18 heures ;

- le transport scolaire fiable et sécurisé des enfants et des adolescents, en aménageant les horaires et les rythmes scolaires à des heures raisonnables, améliorerait beaucoup la situation ;

- les horaires de travail des administrations (et pourquoi pas d’entreprises privées responsables…) mériteraient d’être étalés en liaison avec les rythmes de vie des familles ;

- la transformation de l’entrée Ouest de Papeete n’est toujours pas réalisée. Il serait judicieux de pouvoir contourner aisément la ville en allant vers Pirae ;

- pourquoi ne pas utiliser la voie maritime, particulièrement pour le transport des déchets, des marchandises et des hydrocarbures ? Cela contribuerait à beaucoup alléger le trafic sur la route de ceinture.


Les autres projets de voie rapide

Face au coût politique et humain du projet Te ara nui (500 maisons, 2500 personnes à expulser selon l’association Aitaranui), l’UPLD avait tenu ses promesses électorales lors de son arrivée au pouvoir en 2004, et abandonné définitivement ce tracé dans les plaines de Punaauia et Paea. Mais en même temps, l’utilité d’une telle route n’était pas contestée, pour éviter la saturation complète de la route de ceinture sur la côte Ouest, mais aussi pour rendre viable l’idée d’un second pôle économique et urbain à Taravao, autour de la zone économique de Faratea. Rapidement donc, le camp bleu avait ressorti l’idée d’une route rapide Papeete-Taravao certes, mais au-dessus de la plaine. Un projet baptisé “route des collines”, à la côte 350, plus modeste que le premier tracé imaginé et présenté en 1990 lors de la venue du président François Mitterand. Voici en tout cas ce projet de route des collines, tel que présenté par Oscar Temaru en 2004 à l’Assemblée :

“À Tahiti, le gouvernement améliorera la route de ceinture et démarrera les études de faisabilité relatives au monorail et à la route dite de la “côte 350” située entre Papeete et Punaauia. Le projet “côte 350” ne reprend pas la totalité du projet de 1990, compte tenu de l’amenuisement des surfaces à urbaniser aux alentours de Papeete. Il comprendra deux phases : un tracé du PK 7 au PK 14,5, de Tipaerui au lotissement Taapuna. La seconde phase concernera un tracé entre Taapuna et Punaruu. La première phase est évaluée à 5,5 milliards pour 7,5 km de chaussée à 3 voies. Outre Pamatai, des connexions pourront être envisagées avec le lotissement Oremu, la vallée de Nuutania, la route de Saint-Hilaire, le lotissement Teroma, éventuellement Taina et enfin, Taapuna. Ce projet de la côte 350 permet d’envisager l’urbanisation de plus de 800 hectares dont 600 en dessous de la côte 500, limite des zones constructibles dans le projet de PGA de Faa’a. Les surfaces réputées urbanisables en dessous de la côte 500 sont de 385 hectares, la surface nette commercialisable, hors voiries, serait de l’ordre de 270 hectares, soit environ 3 500 lots, toutes cibles confondues (social, intermédiaire, moyen standing et résidentiel) y compris les équipements publics et socio-éducatifs. Un tel projet permet d’envisager 1500 lots pour le logement social (75 ha), 1500 lots pour le logement intermédiaire (110 ha) et 500 lots à caractère résidentiel (50 ha) et ce, pour un investissement global, hors foncier, de 20 milliards. Trente parcelles sont traversées par le projet dont une de la Sagep et une autre de la commune de Faa’a.”

Un viaduc et un tunnel
En 2005 toutefois, le projet d’une route rapide vers Taravao est toujours d’actualité, mais revu à la baisse : il n’est plus question de le faire partir de Papeete comme l’avait envisagé Oscar Temaru un an plus tôt, mais de Punaauia simplement, et en restant cette fois à la cote 35, autrement dit à 35 mètres d’altitude seulement. Le ministère de l’Équipement et l’EGT ont ainsi planché sur un premier tronçon de voie rapide entre le PK 14 (un peu avant le pont de la Punaruu), et le PK 18 (à hauteur du Carlton plage). Ce tracé à flanc de montagne avait l’intérêt de préserver beaucoup plus d’habitations, et d’éviter la multiplication des ouvrages coûteux. Mais cette route à la cote 35 aurait néanmoins nécessité la construction d’un viaduc au-dessus de la Punaruu, et d’un tunnel pour percer la montagne au PK 15, en face du centre commercial Tamanu. L’inconvénient de cette solution hybride entre le tracé des plaines et celui des collines, était toutefois de faire passer une voie rapide à quelques dizaines de mètres au-dessus de nombreuses habitations. Certes préservées, mais peut-être “polluées” par les nuisances.

La presse relaie nos craintes


Dans "La Dépêche" et "Les Nouvelles" du 20 février 2009

Chers adhérents, amis et sympathisants,
Ne nous inquiétons pas trop pour l'instant.
Il ne s'agit que du souhait d'un ministre qui n'est pas en charge des Grands Travaux.
Les prochains jours nous éclairerons sur les intentions du gouvernement.
Aitaranui continuera de vous tenir au courant... et de vous représenter en toute circonstance...

Les cauchemars ont la peau dure !!


Le nouveau gouvernement est à peine né que déjà certains ne peuvent s’empêcher de ressortir quelques lubies. C’est le cas de Jonas Tahuaitu, ministre de l’Equipement, à qui la mémoire fait visiblement défaut. Il dit « vouloir faire Te Ara Nui », ce monstre routier qui aurait détruit 500 maisons et exproprié près de 2500 personnes entre Punaauia et Paea.

Et pourtant James Salmon, ministre des Grands Travaux, n’évoque pas ce projet défunt, bien au contraire. Quoiqu’il en soit, certains membres de notre association et beaucoup d’habitants des communes s’émeuvent à nouveau.

Alors, Monsieur le Président, ne faudrait-il pas dés maintenant préserver la cohérence et le sérieux des propos de vos ministres ? Ne faudrait-il pas, comme vous l’aviez déjà fait lors du « Taui », chasser définitivement ce « fantôme Te Ara Nui » ? L’avenir proche nous le dira.

En tout état de cause, AITARANUI sera très attentive et se tiendra prête à toute éventualité.

Corinne Ollier,
Présidente de l’association Aitaranui