"La Polynésie que l'on aime"...
''Dans "Tahipresse" du 09 septembre 2009"

Trucks : le coup de coeur
Il fallait que quelqu’un le dise. Et c’est Lili , un petit bout de femme venue de Rapa, qui l’a écrit hier dans La Dépêche : les trucks, c’était bien. C’était la Polynésie que l’on aime, celle des êtres humains qui se parlent, sourient, se touchent la main et se regardent en face. Mais un jour, juste pour une sombre histoire de gros sous, quelqu’un a voulu faire disparaître les trucks du paysage polynésien. Pour des bus modernes, dont une bonne partie a disparu entre la Chine et Papeete. Des bus grands et climatisés pour les longs trajets, pour les courageux qui se lèvent à l’aube à la Presqu’île, d’accord. Pour le ramassage scolaire, pourquoi pas. Mais des grands bus encombrants qui ne rentrent même pas dans les arrêts des pereo’o mataeinaa, quel dommage...
“Dans le bus tu vois seulement la nuque de celui qui est devant et tu ne discutes avec personne”, nous a écrit un lecteur internaute. Et il ajoute : “On était face à face dans le truck. On parlait, on riait, on se faisait des copains.” Aujourd’hui, les trucks sont menacés, nous a rappelé Lili. Paskua lui, qui parle avec ses images, nous a raconté l’histoire de ces Siciliens de Syracuse qui avaient osé un jour protéger leurs vieux fromages contre les normes européennes. Sa conclusion ? “Un jour, il faut savoir dire non. Il suffit d’avoir le courage de le faire.”
Yves Fortunet
Par Association Aitaranui, mercredi 9 septembre 2009 à 15h36 :: Presse
Triste agonie !
Dans le site de "La Dépêche" du 08 septembre 2009

Paul et Tiare : dernier voyage en truck
RENCONTRES
C'est une image de Tahiti en cours de disparition, un moyen de transport folklorique issu du génie singulier des gens d’ici. Depuis près de 75 ans, les trucks circulent tout autour de l’île à leur manière. On les prend à peu près n’importe où, à peu près n’importe quand, de jour comme de nuit, et on les arrête pratiquement où on veut. Mais cette fois, l’arrêt risque d’être définitif, à cause des contraintes qu’imposent de nouvelles règlementations. D’ici quatre à cinq mois, ils auront probablement disparu. En tout cas, on en parle…
Chaque matin depuis 14 ans, à 6 heures, Paul démarre dans un tonnerre mécanique et une épaisse fumée noire le vieux diésel allemand de son truck. Quelque 400 000 kilomètres au compteur et ça roulera encore aujourd’hui jusqu’à 10 heures du soir. Tiare, la femme de Paul, l’accompagne depuis toujours. C’est elle qui prend les sous des clients, rend la m o n n a i e , conserve le produit de leur journée de roulage. Ce truck là n’est pas à eux. Il appartient à un patron qui leur loue l ’ essieu pour 60 000 FCFP la semaine. C’est Paul qui a fabriqué la caisse et qui s’occupe d’entretenir l’engin. C’est pourquoi il considère que c’est son truck à lui et il a de quoi en être fier. “C’est pas mauvais, le truck !” Ça roule tranquille, ça trimbale son monde, “haere maru”. Le client grimpe, baisse la tête, s’assied sur l’un des bancs de bois, pose ses pieds où il veut, généralement sur le banc central, quand le truck n’est pas bourré. Quand il veut descendre, il appuie sur une sonnette qui alerte le chauffeur en cabine, ce n’est pas compliqué.
Avec les bus, c’est la guerre
Seulement voilà, maintenant il y a des règles qui voudraient le rendre archaïque. C’est vrai, il y a eu des accidents, des engins mal entretenus, et des patrons qui ne se mettent pas d’accord entre eux… Il y a aussi les problèmes de circulation dans Papeete, un trafic saturé, l’absence d’horaire, peu d’arrêts réellement protégés. Et puis l’arrivée des nouveaux bus. Avec eux, c’est la guerre. Le matin surtout, Tiare appelle ça, des “gags”. Ca se passe sur la route, aux arrêts. Avec les chauffeurs de bus, ça se bagarre. “Quand tu arrives en ville, ils te passent devant pour te voler les clients. On ne va plus à Arue pour ça. Après, ils disent que c’est leur patron qui a dit de faire ça.” Tiare philosophe : “Celui qui creuse un trou pour l’autre, qu’il se méfie qu’il ne le creuse pas pour lui-même…”
“On roule même le dimanche”
“Qu’est-ce qu’on va faire ? Je ne sais pas. Je ne veux pas être salarié, j’aime ma liberté. J’ai un autre métier, je suis maçon. Mais en ce moment, je n’ai pas de chantier, c’est la crise. Alors je reviens sur le truck. On s’arrange. Quand le patron n’a plus de chauffeur le week-end, on roule même le dimanche.” “On se repose le dimanche soir”, dit Tiare. “C’est suffisant. Ce n’est pas un métier difficile, on est assis toute la journée. Maintenant, on donne le week-end à un autre chauffeur pour qu’il nourrisse sa famille. Si tu restes à la maison, tu dors, tu ne manges pas…”
“Quand ils n’ont pas de sous pour aller, ils payent toujours au retour”
L’arrêt dure cinq minutes d’habitude. C’est la règle. Mais là, il se prolonge un peu plus longtemps. Il est 17 heures déjà. Il n’y a plus de bus, tous rentrés au dépôt à cette heure. Des clients arrivent, des rae rae qui vont travailler en ville. “Mes meilleurs clients. Gentils, honnêtes. Quand ils n’ont pas de sous pour aller, ils payent toujours au retour. Pas comme certains mal éduqués…” Une vieille dame approche. “Tu vas à Saint-Hilaire ?” Paul démarre le truck. La carlingue vibre. La dame monte après avoir donné une pièce de 100 francs. “Il y aura toujours des clients pour Saint-Hilaire. Il n’y a pas de bus qui va à Saint- Hilaire. Avec le truck on peut vivre. Tant que le truck roule, tu manges.” Le vieux truck blanc et rouge s’ébroue, s’en va cahotant, et disparaît.
Lili oop
Par Association Aitaranui, mercredi 9 septembre 2009 à 15h13 :: Presse
"En ville, sans ma voiture", oui mais comment?
Dans Tahitipresse du 01 septembre 2009

Papeete signe la charte de la mobilité
En signant mardi la charte de la mobilité, le député maire Michel Buillard a marqué sa volonté d'associer la capitale à la "Semaine européenne de la mobilité" qui est programmée en Polynésie française du 16 au 22 septembre. "En ville, sans ma voiture" : tel est le slogan de cette campagne en faveur d'un "meilleur climat".
"Par cette charte, nous en engageons à faire la promotion d'autres modes de transports : vélo, marche à pied, covoiturage", informe l'adjointe au maire de Papeete, Nicole Bouteau qui, le 20 septembre prochain expliquera comment "se déplacer malin" avec des transports moins gourmands et moins polluants.
Et pourquoi pas en Polynésie ?
"En ville, sans ma voiture" célèbre cette année sa septième édition en Europe. L'opération est d'ores et déjà un succès et a été à l'origine de la "Semaine de la mobilité". Celle-ci a pour vocation de sensibiliser les peuples sur la prise de conscience quant aux dommages causés sur l'environnement par les modes de transports urbains. Ici ou ailleurs, on se plaint de la pollution de l'air, des nuisances sonores, des embouteillages, et pourtant, le parc automobile croît inexorablement.
La semaine de la mobilité est également l'occasion pour les maires, de tester leur politique de transports.
Les enfants d'abord !
"Une mallette éducative va être envoyée a toutes les écoles primaires de Papeete", précise le député maire qui a mis en place une série de manifestations du 16 au 22 septembre. Tout d'abord au Parc Bougainville le 16 septembre avec une journée "Vis ta ville", une conférence "mobilité" le 17 septembre à l'hôtel de ville, avec aussi l'opération "Ma ville à pied" le 18 septembre avec des parkings gratuits, également des visites de Papeete à pied conduites par l'historien Yves Babin et enfin, une opération "journée détente" qui verra le front de mer de la ville fermé à la circulation et entièrement ouverte aux piétons.
Pas cher et sportif
Le vélo sera à l'honneur durant ces journées. C'est le mode de transport idéal. Rapide, non polluant, pas cher, et sportif, il est tout choisi pour effectuer des distances inférieures à six kilomètres. Il existe aujourd'hui des vélos à assistance électrique, un procédé qui permet de réduire l'effort physique. Papeete veut favoriser le transport en commun. Un bus peut transporter, en passagers, l'équivalent de 40 à 50 voitures. Ou encore favoriser "l'auto partage", c'est-à-dire la voiture à plusieurs. 75% des trajets domicile- travail s'effectue en voiture avec un seul conducteur à bord.
"Bougez autrement, la meilleure énergie, c'est la vôtre", plaide la brochure de la mallette pédagogique qui apporte également des conseils pratiques sur la maîtrise de l'énergie pour une meilleure maîtrise du développement durable.
CD
Par Association Aitaranui, jeudi 3 septembre 2009 à 12h01 :: Presse
